MARLÈNE MOCQUET


  • Musée de la Chasse et de la Nature 62 Rue des Archives, 75003 Paris

En plein coeur

Conformément à son habitude, le musée de la Chasse et de la Nature invite certains artistes à venir insérer leurs créations dans les collections permanentes. Dans le contexte très marqué d’un hôtel particulier du XVIIIe siècle, les œuvres contemporaines existent différemment. Elles jouent du contraste avec la thématique du musée ou de la proximité formelle avec les armes anciennes, les trophées de chasse ou la collection de peintures françaises du XVIIIe siècle.

Née en 1979 à Maisons-Alfort et diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2006, Marlène Mocquet a accepté l’invitation et a installé une cinquantaine d’oeuvres de son monde enchanté (plus d’une vingtaine de sculptures réalisées pour l’essentiel à la manufacture de Sèvres et plus d’une vingtaine de peintures et dessins occupent les salles du premier et du deuxième étages).

C’est tout un petit peuple moqueur et cruel qui vient s’affairer ou s’ébattre sous le regard paisible des animaux naturalisés accrochés aux murs. Avec une cocasserie grinçante qui évoque l’univers de Jérôme Bosch, il se livre à des activités dont le sens nous échappe. Il y est question de peinture et de dévoration, de monstres et d’insouciance. L’art de Marlène Mocquet a un caractère faussement enfantin. Pourvus de grands yeux et de têtes disproportionnées, les personnages pourraient sortir d’un cahier d’écolière. Ils viennent pourtant habiter un paysage mental d’une grande complexité.


Dans un virtuose exercice d’improvisation, l’artiste donne vie à des formes accidentelles, à des taches investissant le support de manière aléatoire. Qui ne s’est déjà essayé à reconnaître des figures mouvantes dans les nuages ? Marlène Mocquet procède ainsi. Prenant appui sur les raclures et les coulures maculant ses toiles, elle les ponctue de détails minutieusement figurés qui révèlent les formes en leur donnant une cohérence plastique. La moindre tache devient le point de départ d’une véritable odyssée, la giclure la plus anodine définit la ligne à suivre pour dérouler les fils de contes fantastiques.

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