Communiqué de presse Dossier d’exposition
BRUEL l’ancien
Jacques Yves Bruel (1948-2010)
Et maintenant il faut imaginer le grand nu remontant l’escalier
17.10.2026 - 09.01.2027
Vernissage :
Samedi 17 octobre, à partir de 17h
La Galerie Laurent Godin est particulièrement heureuse de présenter une exposition personnelle du travail de Jacques Yves Bruel (1948-2010) : « Et maintenant, il faut imaginer le grand nu remontant l’escalier ».
Après des études à l’École des beaux-arts de Toulouse, Jacques Yves Bruel s’installe à Paris et commence à exposer au début des années 1980. En 1984, il rejoint l’agence de communication Temps Public à la demande de Jacques Pilhan.
Ses premiers voyages en Afrique marquent un tournant décisif, conduisant à une réflexion sur les rapports Nord/Sud, selon un principe d’économie basé sur la récupération et le don.
La rencontre de Bruel avec l’Afrique est déterminante. Elle est à l’origine de la partie la plus importante de son œuvre, surtout connue pour ses « sculptures », faites d’objets de récupération, notamment des morceaux de bidon désignés sous le nom générique de « Purs-purs ».
Jacques Yves Bruel (1948-2010), Number One, Sierra Leone,1983. Photo ©Grégoire d'Ablon
Photo : Patrick Michel
Jacques Yves Bruel est né à Nantes en 1948. Au gré des affectations de son père, éminent résistant devenu commissaire principal de police, il passe son enfance et son adolescence à Saint-Nazaire puis à Rodez, avant que sa famille s’installe à Toulouse. C’est là qu’il décide de faire des études d’histoire de l’art en 1968, où il se lie d’amitié, entre autres, avec Pierre Thon, Alain Mousseigne, Ramon Tio Bellido. Il rejoint celui-ci à Paris en 1972, où ils suivent, avec un enthousiasme très relatif, des études en arts plastiques. Ils vont très vite se passionner pour les événements qui agitent le monde de l’art dans ces années-là, en suivant assidument les expositions du CNAC de la rue Berryer et de l’ARC, comme en participant à des actions contre les censures bourgeoises et capitalistes vis-à-vis de l’art, en participant, entre autres, aux manifestations provoquées par l’exposition « 60-72 » au Grand Palais.
C’est dans les dernières années de cette décennie que Jacques Yves connaîtra Jacques Pilhan, lors des vacances qu’il passe à Sérignan-Plage. En 1980, il crée, en association avec Alain Monvoisin et Ramon Tio Bellido, l’Espace Avant-première, dans l’appartement qu’il partage avec ce dernier, près de la Bastille. En 1983 Jacques Pilhan lui demande d’intégrer l’Agence Temps Public, chargée principalement de la communication pour le Palais de l’Elysée et pour un grand nombre d’associations politiques, dont SOS Racisme, pour qui Jacques crée le logo « Touche pas à mon pote ». C’est dans ces années-là que Jacques Yves commence ses périples en Afrique, où il collecte ses « Pur-purs » et met en place une œuvre interrogeant les niveaux de reconnaissance culturelle de l’Afrique et de l’Occident et leur supposé « commerce équitable ». Il commence à connaître alors une indiscutable notoriété artistique, (expositions à la Galerie Langer-Fain à Paris, au Carré des Arts à Vincennes, au Musée Ziem à Martigues...), avant qu’une querelle d’identification provoquée par son ancien assistant béninois ne tourne à l’avantage de celui-ci, mondialisation et mauvaise conscience occidentale aidant.
Bien que fortement meurtri par cette injustice, Jacques Yves poursuit cependant un travail de création qui, dans la logique des interrogations de systèmes de transactions culturelles et spirituelles entre civilisations, le conduit à s’intéresser aux relativités de nomination et de perception que génère la complexité des mondes asiatiques. C’est dans le même temps qu’il commence à connaître des problèmes de santé complexes et à fortement décliner. Il est aidé et soutenu par quelques amis qui l’assistent et lui donnent la possibilité de continuer à travailler, dont Hubert Duprat qui l’invite pour animer un séminaire aux beaux-arts de Nîmes, où il expose en 2003. Fatigué, malade, il s’installe à Toulouse en 1998 pour y rejoindre sa famille, où il meurt, entouré des siens, le 8 août 2010.
- Ramon TIO BELLIDO, « Jacques Yves Bruel. Bruel l’Ancien », Paris, Éditions Lienart, 2013. p.118-119.
