2011

Gérard Traquandi, Photographe, une exposition rue Visconti

Entretien avec Anne Cartier-Bresson

 

Résinotype (extrait de " Vocabulaire Technique Photographie")
La résinotypie est mise au point par l'Italien Rodolfo Namias, qui dépose un brevet en 1922. Son principe découle des recherches menées, à la fin des années 1850, par Henri Garnier et Alphonse Salmon sur les procédés par saupoudrage (ou procédés aux poudres). Ces praticiens remarquèrent la propensions de la gélatine à retenir certains corps pulvérulents là où elle présente le plus de gonflement. Ils utilisèrent cette propriété dans le procédé à base de sucre de bichromate d'ammonium mélangé à de l'albumine qu'ils présentèrent devant la commission instituée en juillet 1858 au sein de la Société française de photographie pour l'attribution du prix créé par le duc Luynes. Ce procédé fut appliqué avec succès à l'impression sur émail. Namias a également proposé une variante, la résinobromotypie, ainsi dénommée car le procédé est fondé sur l'emploi de poudres résineuses et d'un papier au bromure ; il permet le travail à tout moment en laboratoire et l'obtention directe d'agrandissements à partir de petits clichés. 
Le procédé de Namias, apprécié par une poignée d'amateurs pour ses possibilités d'interprétation, ne connaîtra cependant pas le succès des procédés pigmentaires en vogue chez les photographes pictorialistes du début du XXiè siècle.
La résinotypie est apparentée au procédé à l'huile : il s'agit de faire apparaître une image par adhésion d'un pigment sur une gélatine bichromatée plus ou moins modifiée sous l'action de la lumière. Cette adhérence ne se produit qu'à la surface de la gélatine rendue tendre (apte au gonflement), d'où la nécessité de recourir à un cliché original présentant une polarité positive. Cette particularité distingue la résinotypie de la majorité des procédés aux colloïdes bichromatés, qui exigent l'emploi d'un négatif.
Une feuille de papier gélatinée est sensibilisée dans un bain contenant du bichromate de potassium et du citrate de sodium, puis mise à sécher dans l'obscurité. Elle est exposée sous un cliché positif présenté par sa face dorsale (afin que le résultat final ne soit pas inversé) jusqu'à ce que l'image se dessine légèrement en négatif. L'épreuve est alors lavée afin d'éliminer l'excès de bichromate, puis immergée dans un bain d'eau tiède pendant quelques minutes afin de provoquer le gonflement de la gélatine. Elle est ensuite déposée sur papier buvard et légèrement essorée. Le poudrage s'effectue à l'aide d'un mélange composé de résine, de cire et d'un pigment. L'image apparaît après un balayage délicat de la surface du papier au moyen d'un pinceau doux, les pigments se fixant sur les portions les plus saillantes de l'épreuve. La feuille est finalement immergée pendant quelques minutes dans une solution de bisulfite de soude qui élimine les traces de bichromate résiduel, puis elle est rincée et séchée.
Les retouches étaient effectuées soit lors du passage dans le bain de bisulfite (éclaircissement de certaines parties de l'image par légères frictions d'un pinceau), soit après séchage, en procédant à des suppressions locales à la gomme ou au grattoir. L'adhésion du pigment à la gélatine pouvait être renforcée en soumettant la face, impressionnée des épreuves à de la vapeur d'eau.