2017

Texte de Gérard Traquandi accompagnant l'exposition dans le jardin des simples, Abbaye de Silvacane, été 2017

 

 Vue d'exposition :  dans le jardin des simples,  Abbaye de Silvacane, du 10 juin au 20 août 2017

Vue d'exposition : dans le jardin des simples, Abbaye de Silvacane, du 10 juin au 20 août 2017

 

L'abbé de Clairvaux n'appréciait guère la couleur qu'il associait plus volontiers à la vile  matière qu'à la divine lumière; il n'appréciait pas non plus les images.

Michel Pastoureau dans son ouvrage "Une histoire symbolique du Moyen-âge occidental"  qualifie Saint Bernard d'iconoclaste et de "chronoclaste" redoutable, il ajoute qu'il tolère toutefois une certaine harmonie monochrome, éventuellement construite sur un camaïeu et que pour lui » le clair n'est pas le brillant ».

Autant dire que pour un peintre, intervenir dans une abbaye cistercienne relève de la gageure, voire d'un flirt avec le sacrilège.

Occuper le mur est de l'abbaye par un ensemble de toiles de petits formats et de quelques céramiques allant du blanc au vert jaune et ainsi évoquer une végétation naissante m'a semblé une solution pour un juste dialogue avec l'abbaye, son jardin et d'une certaine manière avec les préceptes bénédictins (cisterciens) évoqués plus haut.

Dans le dortoir, accrocher des dessins inspirés des lieux sur des meubles aux profils de lutrins, c'était rendre aux images la place et le support qui furent les leurs dans ces temps reculés.

Pour le reste, mon ambition est d'accompagner les visiteurs en laissant à cette merveilleuse architecture son intégrité.